Mes Carnets d’exploration - Mars 2026
Lutte contre une pile de vaisselle sale, compétition avec mes voisin-es pour savoir “qui va redonner le plus de bouffe à l’autre”, chaudron calciné et un oeuf qui préfère sauter par dessus bord que de se faire manger. C’est comme ça que je pourrais résumer mes explorations du mois de mars 2026.
Mon combat contre ma vaisselle sale
Je vais être franche avec toi : ce mois-ci a été plein de défis.
Mon chum et moi on vit les deux avec des enjeux relatifs à des blessures au dos et de la dépression. Et même si globalement on remonte la pente, les deux nous avons vécu des rechutes imprévisibles ce mois-ci.
Ce qui a affecté notre capacité à effectuer les tâches quotidiennes, dont faire la vaisselle.
Et va se dire les vraies affaires : on a rushé.
Tsé les belles cuisines propres qu’on voit sur Instagram ? Bin c’était clairement pas la nôtre à tous les jours.
Peu importe la raison si tu as de la misère à reprendre le dessus sur ton ménage (même si c’est “juste” parce que tu es plus occupé-e que d’habitude, que tu es en fin de session ou que tu souffres d’enjeux reliés à ta santé physique ou mentale), ça peut tous et toutes nous arriver de perdre temporairement le combat contre notre vaisselle sale. Ça arrive. L’important, c’est de se relever comme on peut, petit à petit et à notre rythme. Et on s’en remet.
Pour y arriver, mon chum et moi on a sorti notre meilleure arme : la communication (oh que c’est cheazy) et comme ça on a pu gérer nos attentes et nos capacités :
Qu’est-ce qu’on est capable de faire aujourd’hui, aussi petit que ce soit ?
Laver une couple d’ustensiles ? Défaire l’égouttoir ? Sortir la récupération ? Une petite tâche, c’était ça qui comptait pour avancer un peu.
Des fois aussi la réponse c’était rien. Et c’est ok, on avancera demain.
On peut tu juste rincer nos assiettes et faire des piles ?
Commet ça, bin on peut se libérer un peu d’espace de comptoir pour garder une cuisine un tant soit peu fonctionnelle.
Qui s’occupe de faire à manger et qui a les capacités de le faire aujourd’hui ?
Est-ce qu’on fait chacun pour soit en fonction de ce que l’on veut manger ? Est-ce quelqu’un est capable de cuisiner ? Qu’est-ce qui est disponible dans le frigo ? Est-ce qu’on doit passer à l’épicerie pour acheter quelque chose qui nous manque ?
Personne n’est capable aujourd’hui de cuisiner ? On a tu des solutions de rechange qui prenne pas de temps ?
Est-ce que c’est si grave que ça si ça traîne (c’est pas comme si quelqu’un allait prendre en photo le bordel... Right Sandrine !? ....) ?
Et on a fini par passer au travers et retrouver une cuisine propre. Mais pour ça, on a aussi dû se fixer des attentes et des moyens réalistes pour y arriver.
On a mangé des trucs simples (des p’tits oeufs au micro-ondes dans des muffins anglais avec une salade super simple, du riz avec des légumes congelés et du thon ou des noix, des grosses batchs qu’on mange plusieurs fois, etc.)
On s’est écouté-es et on s’est encouragé-es
Pour la vaisselle, quand mon dos ne va pas bien et que j’ai de la difficulté à rester debout longtemps, je mets une minuterie sur le micro-ondes d’une durée réaliste (ex : 5 min) et quand ça sonne, j’arrête, peu importe s’il reste de la vaisselle ou pas à faire. Je répète quelques fois dans la journée et je finis par voir le bout.
Et on a accepté nos limites du moment
Est-ce que c’est le fun vivre dans le bordel ? Non.
Perso, ça affecte mon moral. Mais c’est ça qui est ça pareil et ça sert à rien de se faire souffrir encore plus dans une situation qu’on ne contrôle pas (p.s. j’aimerais bien dire à mon dos : “come on, t’es capable de faire de la vaisselle plus longtemps que 5 minutes”, mais ça a l’air que ça marche pas comme ça. Même chose pour la dépression. On ne va pas mieux sur commande).
Pour la vaisselle, on s’assure juste que ça reste salubre :
On rince les assiettes au fur et à mesure pour pas que du moisi se développe,
On change l’eau de trempage pour pas que ça pue,
On libère l’évier pour que l’eau ne stagne pas et pour qu’on puisse facilement rincer la vaisselle qu’on salit
Et on ne laisse pas de bouffe traîner longtemps.
Pis on se parle. On se dit que c’est temporaire et on remonte la pente petit peu par petit peu.
Et on célèbre les victoires quand ça va mieux.
Le spag c’est la vie, mais c’est long à préparer
En sachant que c’était plus dur ce mois-ci, j’ai pris des raccourcis. Comme sauver 30 minutes de coupage de légumes en optant pour des légumes congelés déjà coupés pour faire une méga recette de sauce à spag qu’on a mangé à plusieurs reprises durant la semaine.
J’ai décidé de bonifier le mélange avec des champignons et de l’ail (car il n’en contenait pas) et parce que c’était réaliste pour moi de couper tout ça en fonction de mes capacités dorsales à ce moment-là. Et surtout parce que des champignons c’est délicieux (grosse motivation pour moi icitte).
J’ai profité du fait que je télé-travail pour multitasker et préparer ma sauce à spag en alternant les bouchées de mon dîner (je ne recommande pas, ça donne des champignons coupés vraiment croches, mais comme j’avais mal géré mon temps et que c’était à ce moment que j’avais planifié faire ma sauce à spag, ben ça a donné une heure de lunch mouvementée).
Le gros désavantage de cuire une sauce à spag au four toute l’après-midi : c’est un supplice de sentir la dite délicieuse sauce qui mijote tout l’après-midi. Mais on oublie vite cette torture dès la première bouchée brûlante et satisfaisante.
p.s. Si tu ne télétravailles pas, la mijoteuse peut être un bon moyen de faire cuire ton souper toute la journée pendant que tu n’es pas chez toi.
Le pouvoir de l’amitié
Bon ok. Là-dessus je viens de level-up sur la cheazyness de cet article. Mais j’en ai rien à foutre : PAR LE POUVOIR DE L’AMITIÉ!!!!!
J’ai un couple d’ami-es, et accessoirement voisin-es, très cool à qui j’avais donné un petit pot de beurre de pommes (j’pense que c’était pour les remercier d’un service qu’i-elles m’avaient rendu ou quelque chose du genre).
Bin figure-toi dont qu’i-elles ont décidé de me redonner mon pot rempli d’une savoureuse soupe maison qu’i-elles savent qu’on trouve bonne mon chum et moi en plus d’un plat de cuisson vintage dont i-elles ne se servaient plus. Quand mon ami est venu nous porter tout ce beau butin, mon chum venait juste de cuisiner sa supra bonne soupe au pois et il a décidé de leur en donner un plat.
Ce qui a créé une ultime compétition sans fin de “on se redonne nos plats en les remplissant avec d’autre bouffe et ce à l’infini” (ok c’est un non-dit, mais je sais que c’est ça qui va se passer, comme Andy et Dwight dans The Office qui s’échangent des faveurs).
Il faut aussi que je précise que quand j’ai écrit à mon amie pour la remercier et lui dire que sa soupe tombait à pic car j’étais enrhumée et fiévreuse, elle m’a dit qu’elle allait me faire une soupe aux lentilles et m’a apporté un deuxième bol de soupe le lendemain (je profite pour souligner à quel point cette personne est incroyable).
J’ai bu la soupe dans une tasse géante et ce fut la meilleure soupe de ma vie.
Note à moi-même : Quand tu cuisines, c’est important d’être un minimum concentrée
Quand je me suis mise à aller mieux, j’ai recommencé à cuisiner. Et j’en ai profité pour lâcher un coup de fils à mes parents et jaser en même temps.
Ce qui m’a déconcentrée.
J’ai oublié de descendre le feu de high à low, je suis allée me reposer le dos un peu dans ma chambre pendant que je laissais “mijoter” ma recette tout en continuant à jaser.
J’ai réussi à ne pas perdre la recette en :
Ne grattant PAS le fond (ce qui aurait libéré les particules cramées dégueulasses dans ma recette et faisant par le fait même goutter le brûlé à toute la recette. Je parle ici par expérience)
J’ai baissé le feu et dès que les légumes étaient à une bonne consistance j’ai arrêté la cuisson. Je ne voulais pas prendre la chance d’altérer le goût davantage mais je ne voulais pas non plus devoir jeter la recette car les légumes n’étaient pas cuits.
J’ai fait tremper mon chaudron une bonne heure et le fond carbonisé s’est facilement détaché. Fioouuuuu.
Un moussaillon par dessus bord
Ah et mon p’tit oeuf s’est sauvé de mon sandwich pour se précipiter par terre avant que je n’aille le temps de le manger.
Et toi, quelles sont tes explorations ce mois-ci ? Qui sait quels défis m'attendent en avril…