Der Struwwelpeter et sa version allemande (et rock N roll) de mange ta soupe si tu veux grandir

Si tu pensais que tes parents étaient intenses à vouloir te faire finir ton bol de soupe quand t’étais petit-e, dis-toi qu’au moins t’étais pas en Allemagne à ce moment-là.

Traumavertissement : on parle brièvement de m*rt dans l’article qui suit

J’avoue que quand j’ai rédigé mon précédent article sur la soupe et que j’ai écrit : « Mais on s’entend-tu que la soupe, c’est […] associé au réconfort (nope désolée, pas de débat possible icitte ) », j’avais complètement oublié le merveilleux conte pour enfants :

Die Geschichte vom Suppen-Kaspar (L’histoire de Gaspard-mange-ta-soupe)

(svp lire avec du tonnerre et des éclairs en background)

Je crois en fait que c’est mon cerveau qui me protégeait de ce terrible fun-fact appris lors de mes cours d’Allemand y’a un ti boutte de ça et j’te garantis que tu vas comprendre pourquoi en lisant la suite.

Die Geschichte vom Suppen-Kaspar c’est une courte histoire en trois actes qui explique comment le petit coquin de Kaspar (Gaspard en français) décide que ça lui tente pu de manger de la soupe. À chaque jour, il s’obstine à refuser de manger sa soupe pis il fond littéralement à vue d’oeil. Pis en trois jours il meurt. Fin.

C’est pas des farces.

Die Geschichte vom Suppen-Kaspar tirée du livre Der Struwwelpeter

Ce qui est le plus drôle (et perturbant) de cette histoire-là, c’est que le conte pour enfants provient d’un livre SUPER POPULAIRE en Allemagne qui a été édité pour la première fois en 1846 et qui s’appelle : Lustige Geschichten und drollige Bilder für Kinder von 3-6 Jahren (qui pourrait être traduit en français par « Histoires gaies et drôles d'images pour enfants de trois à six ans »).

C’tu moi ou j’ai pas la même notion de gaieté que les Allemands des années 1845 ?

Ça s’invente pas : c’est un pédopsychiatre nommé Heinrich Hoffmann qui cherchait le cadeau parfait pour son fils de trois ans, c’est-à-dire quelque chose de funny mais éducatif, et qui ne trouvant rien, a décidé de juste rédiger des contes et de les illustrer. Et toutes ses ami-es ont tellement trippé sur son livre qu’une maison d’édition a décidé de publier le recueil d’historiettes et c’est devenu un classique dans les libraries allemandes, même encore de nos jours. Si tu te demandes si l’histoire glauque de Kaspar est l’exception parmi une ribambelle de contes sympathiques et désopilants, je te rassure tout de suite : le livre Der Struwwelpeter enchaîne les histoires d’enfants pas fins qui finissent par se faire royalement punir (genre le p’tit gars qui suce son pouce une fois de trop se les fait couper par un dude armé de giga paires de ciseaux ou une tite fille qui jouait trop avec des allumettes finit juste en tas de cendres).

D’ailleurs si tu veux faire des cauchemars (ou si tu me crois pas que c’est ça l’histoire), tu peux visionner ce théâtre d’ombres ou pour rajouter une couche de malaise pis pas bin feeler pour le reste de ta journée, tu peux écouter cette vidéo du conte lu en allemand (perso je trouve qu’on dirait que c’est encore mieux quand tu te fais crier dessus pis que tu comprends rien sur un fond de musique wack)

La conclusion ? Selon le livre de Struwwelpeter : mange ta soupe sinon tu vas mourir.

Ma conclusion contemporaine : La soupe PEUT finalement ne pas être associée au réconfort (surtout si tu t’appelles Kaspar). Mange d’la soupe si t’aimes ça pis essaie de pas trop faire de cauchemards maintenant que tu connais toi aussi Struwwelpeter.

Précédent
Précédent

Ça vient d’où les glouglous ?

Suivant
Suivant

C’tu bon de prendre une soupe avant un repas ?